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Exposition Indigo Indigo

En juin, Pili a présenté Indigo Indigo, une exposition organisée à Paris, explorant le dialogue entre l’indigo végétal traditionnel et l’innovation biosourcée développée par Pili. À travers ce projet, nous avons souhaité mettre en lumière une couleur intemporelle, cultivé, transformé et célébré par l’humanité à travers les cultures depuis des millénaires.

Indigo Indigo Exhibition June 26
L’exposition invitait les visiteurs à découvrir les héritages communs et les liens profonds entre ces deux indigo, en faisant dialoguer la couleur, la science et le savoir-faire. Indigo Indigo a été pensé comme une rencontre entre tradition et innovation, révélant comment les connaissances ancestrales et les biotechnologies contemporaines peuvent converger. (Re)découvrez l’exposition à travers une sélection de photographies et de textes proposant une nouvelle lecture de l’histoire de l’indigo.

Tous les chemins mènent à l’indigo.

Cette couleur, qui accompagne l’humanité depuis l’aube des temps, n’a pas cessé de renaître en empruntant toutes les routes possibles : celle des plantes, des fossiles et des bactéries. Partout sur Terre et à toutes les époques, les humains ont tenté de percer le secret de ce bleu profond. Le premier acte de cette histoire remonte à plusieurs millénaires avec les plantes tinctoriales. Une chimie lente et patiente s’invente avec la fermentation, l’oxydation, et toute une chorégraphie de gestes précis qui font surgir le bleu à partir du vert. Le deuxième acte s’ouvre à la fin du XIXe siècle avec la pétrochimie. L’indigo de synthèse permet à cette même molécule d’être produite à une échelle inédite et à faible coût. Du moins pour l’économie, car la planète, elle, paie le prix fort des énergies fossiles. Avec l’explosion du blue jean, l’indigo envahit le monde et diffuse sa pollution.

Mais l’indigo n’a pas dit son dernier mot. Le XXIe siècle est celui de sa renaissance. Dans un troisième acte porté par Pili, l’indigo renoue avec le vivant : il est désormais produit par les magiciennes de l’invisible, les bactéries. Ce procédé repose comme dans le premier acte sur la fermentation que l’humanité maîtrise depuis des milliers d’années. Mais sa force réside dans sa capacité de production à grande échelle et son empreinte carbone très réduite. S’il rompt avec l’indigo pétrochimique, cet indigo biosourcé entretient en revanche une véritable filiation avec l’indigo végétal. Tous deux découlent d’un dialogue entre humains, plantes et micro-organismes car l’indigo végétal ne peut se passer de bactéries tout comme l’indigo Pili n’existerait pas sans biomasse végétale. Ce sont donc deux couleurs imprégnées de vie, là où l’indigo pétrochimique tire sa puissance d’une matière inerte et fossile.

C’est cette continuité invisible que l’exposition indigo indigo cherche à rendre sensible. Les pièces présentées ici sont autant de tête-à-tête montrant les accords et les variations entre ces deux indigos, qui célèbrent tout deux le retour d’une couleur dans le cycle du vivant. Ce dialogue est celui de deux générations qui refusent de rompre le fil rouge du bleu : l’une porte la profondeur du temps et la sagesse des savoirs anciens, l’autre l’élan d’une nouvelle alchimie avec le vivant.

Les œuvres

Horizon artwork

Horizon

Horizons + Dialogue artworks

Dialogue Artwork

Dialogues

Dialogue + Passage artworks

Indigo nuren artwork

Passage

Diptych artwork

Diptyque

Passage + Parcels artworks

Parcels artwork from indigo indigo exhibition

Parcelles

  1. Horizon

C’est avec ce paysage que s’ouvre l’exposition. Une fenêtre sur le monde d’après et de toujours. La mer et le ciel à la tombée de la nuit. Toute la palette du bleu est là avec pour seule molécule l’indigo décliné en nuances plus ou moins foncées. La bobine au pied du tableau tire le fil de cette histoire et nous rappelle ce désir profondément humain de reproduire ce qui est vu et de tisser la réalité à notre manière.

 

  1. Dialogues

C’est le premier face-à-face entre l’indigo végétal et l’indigo Pili. Le carré de soie leur offre une aire de jeu, un terrain de rencontre et de discussion. Chaque foulard est l’expression d’un dialogue plus ou moins corsé. Ces deux bleus semblent attirés par une force magnétique vers le centre où chaque front de couleur cherche à rejoindre l’autre. Sur les épaules, le foulard fait apparaître ces deux bleus de part et d’autre du corps. Le geste de le nouer autour du cou prolonge symboliquement ce dialogue : porter ce carré devient une manière performative d’incarner ce lien.

 

  1. Passage

Au Japon, le noren est une démarcation, un symbole de passage entre deux espaces, deux mondes. Et c’est bien un passage d’un bleu à l’autre qui se dessine ici avec les deux pans qui forment les deux piliers d’une même histoire. La séparation raconte leurs différences tandis que la couture du haut symbolise leurs points communs. Le rond blanc rappelle leur unité : deux demi-lunes reconstituées en pleine Lune par nos yeux. Traverser ce noren, c’est toucher du doigt ces deux histoires.

 

  1. Diptyque

En apparence, le même bleu de part et d’autre. Et pourtant, l’un vient de plantes, l’autre de bactéries. Chacune porte le secret de ce bleu profond. À nous de deviner lequel revient à chacune.

 

  1. Parcelles

C’est comme une carte vue du ciel qui raconterait la quantité d’indigo obtenue à partir d’une parcelle de terre cultivée. Produire un kilogramme d’indigo Pili nécessite vingt fois moins de terre agricole que l’indigo végétal. Le jean – pièce emblématique du vestiaire mondial et de la teinture indigo – dont Pili a déjà produit 250 000 pièces avec Citizen of Humanity, est ici éclaté en parcelles de tissu. Pour rendre compte de cette proportionnalité, seule la poche arrière est teintée à l’indigo végétal tandis que le reste du jean est teinté à l’indigo Pili.